Des Huiles essentielles pour soulager la douleur
- 3 mars 2016
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Nous sommes tous confrontés, de près ou de loin, de façon récurrente ou exceptionnelle, à la douleur. Celle-ci est fondamentale pour nous, puisqu’elle nous indique que nous nous éloignons de notre état d’équilibre.
Par exemple, lorsque nous posons la main sur la plaque de cuisson encore chaude, le mal ressenti nous pousse à retirer la main de la source de chaleur, ce qui permet de ne pas aggraver l’altération des tissus.
La première étape dans la gestion de la douleur sera donc, évidemment, de traiter sa cause.
Cependant, dans les cas de certaines douleurs chroniques (arthrose) ou aigues (fracture) où l’on ne peut pas agir directement sur la cause, il est très intéressant de disposer d’un outil naturel pour diminuer la perception douloureuse.
De nombreuses huiles essentielles (HE) présentent un effet analgésique reconnu, dont les mécanismes moléculaires sont bien documentés.
Nous verrons donc tout d’abord comment l’information douloureuse est traitée par le système nerveux, puis comment nous pouvons moduler cette information grâce aux HE.
I/ Le traitement nerveux de l’information douloureuse

1ère étape : un stimulus douloureux (une pression, une coupure, une inflammation) est détecté par un neurone (appelé neurone 1), ce qui va faire naitre un courant électrique qu’il va déplacer jusqu’à la moelle épinière.
2ème étape : Dans la moelle épinière, ce neurone 1 communique avec le neurone 2, qui remonte jusqu’au cerveau
3ème étape : le neurone 2 stimule à son tour le neurone 3, qui communique avec le centre cérébral qui nous donnera la conscience de la douleur.
Ce trajet peut-être modulé par une voie annexe, qui permet de diminuer la sensation perçue. Dans ce cas, le neurone 1 stimule également un interneurone inhibiteur (appelé 1’ sur le schéma), qui va inhiber le neurone 2.
Ainsi, lorsque le neurone 1’ est stimulé, le neurone 2 sera moins stimulé, ce qui permettra au sujet de diminuer sa perception de la douleur. C’est l’action de ce neurone 1’ qui est stimulée par les opiacés (comme la morphine et ses dérivés), expliquant ainsi leur puissant effet antalgique.
De nombreux HE, dont les mécanismes d’action au niveau moléculaire sont très bien identifiés, agissent à différents niveaux de ce processus.
II/ Les HE qui modulent la sensation douloureuse.

Le linalol*, un monoterpénol présent dans l’HE de Bois de Rose (Aniba roseadora) ou le thym vulgaire à linalol, agit sur les récepteurs aux opiacés, situés au niveau de la moelle épinière et de certains centres cérébraux impliqués dans la gestion de la douleur.
Le menthol**, (présent dans la menthe poivrée ou dans la menthe des champs) agit sur un récepteur aux opioïdes appelé «kappa», responsable également de l’effet analgésique de ce monoterpénol.
L’eugénol* (le phénol du clou de girofle) présente quant à lui une action très spéciale : il calme la douleur en activant de façon intense les nocicepteurs, ce qui aboutit in fine à les rendre inutilisable... Un peu comme la bouche anesthésiée par la consommation de piments.
L’ α-santalol* (présent dans le Bois de Santal), agit également sur les récepteurs aux opioïdes, mais de type ∂2 c’est fois.
Enfin, signalons trois molécules*** qui vont calmer la douleur grace à leur action anti-inflammatoire : le citronelal de l’eucalyptus citronné, le 1,8 cinéole**** des eucalyptus radié et globuleux, et le salicylate de méthyle des gaulthéries*****.
Pour conclure, il semble acquis que les HE sont de fabuleux outils pour calmer la douleur. Une étude clinique****** a d’ailleurs montré une nette amélioration sur des douleurs d’arthrite après application d’un mélange d’HE, contenant lavande vraie, marjolaine à coquilles, Eucalyptus citronné, romarin à camphre et Menthe poivrée, dans les proportions suivantes 2:1:2:1:1 (dilué à 1,5% dans HV).
* De Sousa, D. P. (2011). Analgesic-like activity of essential oils constituents. Molecules, 16(3), 2233-2252.
** Galeotti, N., Mannelli, L. D. C., Mazzanti, G., Bartolini, A., & Ghelardini, C. (2002).) Menthol: a natural analgesic compound. Neuroscience letters, 322(3), 145-148
*** Miguel, M. G. (2010). Antioxidant and anti-inflammatory activities of essential oils: a short review. Molecules, 15(12), 9252-9287.
**** Santos, F. A., & Rao, V. S. N. (2000). Antiinflammatory and antinociceptive effects of 1, 8-cineole a terpenoid oxide present in many plant essential oils. Phytotherapy research, 14(4), 240-244.
***** Liu, W. R., Qiao, W. L., Liu, Z. Z., Wang, X. H., Jiang, R., Li, S. Y., & She, G. M. (2013). Gaultheria: Phytochemical and pharmacological characteristics. Molecules, 18(10), 12071-12108.
****** Kim, M. J., Nam, E. S., & Paik, S. I. (2005). [The effects of aromatherapy on pain, depression, and life satisfaction of arthritis patients]. Taehan Kanho Hakhoe Chi, 35(1), 186-194


















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